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Tarek :: Site officiel | L’avenir de la BD est au bout de nos crayons.

TarekNotre auteur et ami Tarek a choisi de s’exprimer sur la grave crise qui secoue le milieu de la bande dessinée en rédigeant une lettre ouverte sur son site. Nous vous invitons à le lire  :

En 2012, j’avais écrit un court article sur Médiapart à propos de notre métier qui me semblait de plus en plus menacé par les dérives de la financiarisation de la culture et les pratiques prédatrices du capitalisme le plus sauvage et le plus opposé à la création… Je pensais également que nous étions en train de changer de paradigme sociétal et que la crise n’était qu’une conséquence de ce terrible bouleversement et non une cause. J’en suis encore plus convaincu aujourd’hui !

Cet article, somme toute anodin, avait suscité un débat virulent sur actuaBD juste après sa publication par son rédacteur en chef qui avait qualifié mes propos posés et réfléchis de « vocifération » : mépris de certains éditeurs « masqués » qui répondaient en donnant des arguments fallacieux, de certains pseudo-journalistes qui, s’étant auto-érigés spécialistes du 9e art parce qu’il n’y a aucun média professionnel dans notre domaine, expliquaient que ce que nous étions en train de vivre n’était pas la réalité de tous les auteurs… Bref, de nombreuses critiques assez farfelues MAIS je dois avouer que j’ai surtout reçu une avalanche de témoignages par mail de la part de nombreux collègues jeunes et moins jeunes tout comme des libraires et des agences d’illustrateurs qui confirmaient mes craintes.

Tout cela pour dire que ce constat amer que je faisais à l’époque n’a fait que se vérifier ces derniers mois, puisque des collègues (Bonnifay, Maïorana et d’autres moins connus qui ont jeté l’éponge dans l’indifférence la plus totale) annoncent mettre un terme à leur carrière ou encore publient des lettres ouvertes enflammées, comme celle d’Eric Wantiez ou d’Olivier Peru. La réforme que le RAAP souhaite nous imposer d’une manière autoritaire n’a fait que créer un électrochoc dans notre profession et l’immense majorité des auteurs s’est enfin unie pour dire NON. En deux ans, la TVA des auteurs est passée à 10% (celle des éditeurs est restée à 5,5%), les taxes indirectes et la baisse du pouvoir d’achat dans notre pays se sont accrues alors que les revenus des auteurs n’ont pas évolué depuis vingt ans. Les aides publiques, les bourses et les subventions supprimées dans le secteur du livre ont fragilisé toutes les personnes qui font réellement vivre le livre dans sa diversité : les bibliothèques, les auteurs, les petits salons, les ateliers de lecture, etc… Tout cela pour rembourser une dette que nous devrions rediscuter tant elle est devenue ubuesque ! (…)

La suite de l’article de Tarek : L’avenir de la BD est au bout de nos crayons.

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Frémion-Fluide, Yves s’exprime sur le site BD Auracan

FremionJusqu’ici, je n’ai pas souhaité communiquer sur mon éviction de Fluide glacial le 1er février dernier, mais la propagation sur certains réseaux ou dans certaines publications – donc dans l’opinion et la profession – de rumeurs délétères me concernant et concernant cette affaire, m’y contraignent. Ces rumeurs sont émises parfois en réponse aux questions légitimes de certains lecteurs, professionnels ou simples fans, étonnés de la rapidité de ce départ et de l’absence de toute explication dans le magazine. Le bruit court, y compris dans le magazine et les réseaux sociaux, qu’à l’image de mon ami Bruno Léandri, j’aurais quitté ce journal (après 39 ans de collaboration régulière sans aucune interruption), de mon plein gré et pour « prendre ma retraite ».

Or :
1 – À l’heure où j’écris ces lignes je n’ai pas pris ma retraite, même si j’y suis désormais contraint, car Pôle-emploi a bien entendu rejeté toute demande d’indemnité pour quelqu’un qui « a l’âge de prendre sa retraite ». Désormais sans aucun revenu régulier, je n’ai plus le choix. Ai-je besoin de dire que cette retraite sera dérisoire et ne me permettra même pas de payer mon loyer ?
2 – Plusieurs de mes camarades « fluidosaures » (= ceux qui travaillent dans ce canard depuis les 100 premiers numéros) ont pris leur retraite dans les années précédentes. Tous sans exception continuent à travailler au magazine, payés en droits d’auteur et non plus en salaires comme cela est autorisé par la loi. Bien qu’ayant choisi la formule « clause de cession », un autre célèbre rédacteur figure toujours au sommaire de chaque numéro.
3 – Je n’ai pas souhaité quitter ce magazine et ne suis pas parti de mon plein gré. Ceci malgré des divergences avec le nouveau rédacteur en chef sur ma collaboration.
4 – Me renseignant sur les conditions d’une retraite à venir, j’ai été informé par la DRH du groupe Flammarion qui possède le magazine, que j’aurais en ce cas droit à une « indemnité de départ » de 5 mois, soit 5 fois mon dernier salaire. Dans le même temps, j’ai appris que le récent rachat du groupe Flammarion par Gallimard me permettait, comme certains fluidosaures avant moi, de bénéficier de la « clause de cession », une disposition particulière aux journalistes en cas de rachat, qui leur permet de partir dans les mêmes conditions que lors d’un licenciement. Quand on a l’ancienneté qui est la mienne, cela ne fait pas la même somme à toucher (mon meilleur salaire mensuel multiplié par le nombre d’années, soit 38). Mon intérêt était évident : choisir cette solution, quitte à rester absent quelque temps des pages du magazine, plutôt que de me contenter des 5 mois de salaire.
5 – M’en étant ouvert au rédacteur en chef et à l’éditeur des albums, tous deux m’ont alors vivement prié de n’en rien faire, étant donné le fragile équilibre du magazine (qui a géré d’autres départs et quelques procès en cours). Très attaché à ce journal, j’ai donc cherché une solution qui satisfasse les deux parties. Sachant qu’une fois ma retraite prise, rien, à aucun moment, n’obligerait la rédaction à me garder, il leur suffirait de cesser de me publier (sans indemnité cette fois).
6 – J’ai donc proposé officiellement de ne pas prendre la « claude de cession » mais une retraite simple. En échange, j’ai demandé que l’on m’assure la suite de ma collaboration et qu’une augmentation compensatoire soit mise en place afin que je ne sois pas perdant sur toute la ligne. Ainsi, pas de déséquilibre brutal dans les finances du magazine.
7 – En parallèle, lors de discussions avec le rédacteur en chef, j’avais même avancé l’idée de réduire ma participation, par exemple en « vendant » le concept de la « Gazette de Frémion » avec ses fameuses marges (prétexte mensuel au bouclage et seul lien constant entre les collaborateurs). Depuis quelque temps, cette Gazette ne me ressemblait plus, repensée derrière mon dos tous les mois par le rédac’ chef, avec des dessins parfois refusés par moi, ou un retour malsain du « pipi-caca » dont l’image de Fluide s’était défaite depuis un quart de siècle. Cette solution aurait arrangé tout le monde et la rubrique serait devenue la « Gazette de Fluide » ou la « Gazette de Lindingre », je n’aurais plus apposé mon nom sur des choix qui n’étaient pas les miens.
8 – La réponse à mes propositions, après un long silence de tous les intéressés, m’a été faite par téléphone, par la DRH de Flammarion. C’était un rejet de mes propositions, « la direction et la rédaction étant unanimes » à ne pas souhaiter que je poursuive ma collaboration, dans aucune des deux hypothèses » – c’est-à-dire même en cas de départ normal à la retraite. Il s’agissait donc bien d’un licenciement déguisé, et il ne me restait plus qu’à opter pour la « claude de cession », ce que j’ai fait aussitôt. La procédure (un arbitrage) est en cours.

Voilà donc fidèlement restitué les faits.

La suite de l’article : Actualité Bande Dessinée : Frémion-Fluide, (mauvais) clap de fin.

Littérature jeunesse et citoyenneté – La maison d’édition Tarmudo

Tartamudo est une petite maison spécialisée dans l’édition de bande dessinée et littérature de jeunesse. Son catalogue est un vivier de nouveaux talents mais compte également parmi ses auteurs les noms de Pef, Gudule, Farid Boudjellal et Maurice Rajsfus, journaliste et historien de renom, qui signe le texte d’une toute prochaine parution : Moussa et David*.

Tartamudo tient le cap depuis sept ans, avec pour mot d’ordre : « Et si la bande dessinée et la littérature jeunesse n’avaient pas dit leur dernier mot ! » A la tête de cette embarcation, José Jover, homme de terrain et d’action, diplômé des Beaux-Arts de Paris, dessinateur de BD.

L’existence de sa maison d’édition et ses choix éditoriaux sont liés à son histoire personnelle. Les titres de ses collections, « carros », « barcos », « aviones », « motos »… énumèrent les moyens de transport sous des sonorités hispaniques, se rattachant ainsi solidairement à l’idée du mouvement et des échanges entre pays.

 * Bande dessinée déjà saluée par Le Web pédagogique, « Canal BD » (chaîne des librairies « Albums ») et « BDCAF mag » (chaîne des librairies « BD Fugue Café »).

Source : Littérature jeunesse et citoyenneté – La maison d’édition Tarmudo -….

Fils de France » Turcos, la Grande guerre comme vous ne l’avez jamais lue

Le jasmin et la boue. Le jasmin pour ces soldats français d’Algérie, les Turcos. La boue pour ce qu’ils sont venus endurer dans les tranchées du nord de la France. Tout simplement poignant.

Le récit de guerre n’est pas chose aisée. Difficile de demeurer digne, sans tomber dans le voyeurisme ou le dolorisme. Bref, de se cantonner à un objectif entre-deux. Cette bande dessinée y parvient pourtant, égalant, dans la justesse de la description, la fameuse 317e section du regretté Pierre Schoendoerffer, voire même l’Apocalypse Now de Francis Ford Coppola.

Ainsi, grâce au talent du dessinateur Batist Payen et à celui du scénariste Tarek, cette guerre civile européenne, dont l’issue sonna le glas de la civilisation du Vieux continent et des rêves de Mare Nostrum, est ici restituée, non point dans ses grandes heures, mais ses petits moments. Le mal du pays, la nostalgie des proches abandonnés, la peur, l’angoisse, la crainte de ne jamais revenir vivant de l’enfer ; et même si tel pouvait être le cas, dans quel état ? On y voit aussi la fraternité d’armes. Entre les Français de France et ceux du Maghreb, entre les catholiques et les musulmans, entre les uns qui croient au Ciel et les autres qui n’y croient pas. Tout cela est beau parce qu’humain. Tellement humain. Surhumain, parfois, vu le courage déployé par ces Français du lointain venus défendre une patrie tout aussi lointaine. Le moins qu’on puisse dire est que cette dernière ne les accabla pas toujours de reconnaissance : vingt ans après, un second conflit mondial dans lequel ils seraient à nouveau enrôlés et, à peine plus de dix ans plus tard, une autre guerre fratricide.

Lire la suite : Ici.